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JO Paris 2024 : la business intelligence, le big data et les objets connectés sont les nouveaux dopants

Lors des jeux olympiques de Londres, un demi-million de visiteurs étrangers ont dépensé en moyenne 1445 euros pendant leur séjour, générant un bénéfice de 853 millions d’euros pour la capitale anglaise. Plus qu’assez pour rendre la pelouse française plus verte que jamais, et il paraîtrait même que le big data, la business intelligence et les objets connectés ne seront pas en reste.

De nos jours, de grands volumes de données peuvent facilement être collectés pour mesurer les performances sportives : vitesse, nutriments, rythme cardiaque, ondes cérébrales et cycles de sommeil. En exploitant ces données à l’aide d’outils de Business Intelligence, il est possible de les interpréter pour déterminer les conditions optimales permettant à un athlète d’améliorer sa performance.

LES OUTILS NUMÉRIQUES BOOSTENT LES PERFORMANCES DES ATHLÈTES

Les derniers jeux olympiques à Rio nous en ont donné un exemple saisissant, avec l’équipe britannique qui a remporté trois médailles d’or et deux médailles de bronze en partie grâce à l’exploitation de données collectées lors des entraînements. En effet, les entraîneurs peuvent aujourd’hui analyser les données passées et actuelles pour comprendre le fonctionnement de chaque athlète et ainsi développer des entraînements et des équipements sportifs adaptés en conséquence. Cela décroit, par la même occasion, le nombre de blessures et le temps de récupération et de convalescence.

Mais pourquoi ne pas pas pousser plus loin la réflexion et imaginer que, demain, les chiffres générés par la Business Intelligence (BI) serviraient aux entraîneurs lors de la sélection des athlètes ? La BI pourrait même être l’outil idéal pour définir les sports dans lesquels concentrer les investissements comme pour certains pays moins peuplés qui pourraient, dès lors, décider sur quels sports miser afin d’optimiser leurs chances de remporter des médailles d’or.

Les JO de Tokyo en 2020 prévoient, quant à eux, de révolutionner l’expérience des supporters en combinant Big Data et objets connectés. Ainsi, de nouveaux horizons s’ouvrent pour l’analytics avec, par exemple, la mise en place de capteurs placés dans les vêtements des sportifs. Si ces derniers seront bien utiles pour les juges, les fans pourront, de leur côté, visualiser en direct les rythmes cardiaques des coureurs ou encore chiffrer la vitesse des nageurs. Une nouvelle façon d’apprécier la préparation, le coaching et l’amélioration de la performance des athlètes.

https://www.usine-digitale.fr/article/jo-paris-2024-la-business-intelligence-le-big-data-et-les-objets-connectes-sont-les-nouveaux-dopants.N596438

Ces objets connectés utilisés par les sportifs olympiques

Bracelet connecté, balance intelligente, écouteurs … l’internet des objets a aussi son rôle dans la préparation des sportifs de haut niveau.

Atteindre le geste parfait, mesurer ses battements cardiaques ou encore évaluer la qualité de son sommeil… Les objets connectés et applications mobiles s’invitent dans le quotidien des sportifs de haut niveau. Nombreux sont ceux à en avoir utilisé au cours de leur préparation pour les Jeux olympiques.

Les 10.500 sportifs présents à Rio ont tous eu l’occasion de recevoir une édition limitée du Samsung Galaxy S7 Edge, accompagné d’écouteurs capables de mesurer leurs battements cardiaques. D’autres ont apporté leurs propres objets connectés, éléments indispensables à leurs entraînements ou phases de récupération.

Du simple bracelet connecté aux neurotechnologies

Le bracelet WHOOP a été adopté par plusieurs nageurs américains -dont Ryan Lochte, Dana Vollmer et Connor Lee Jaeger- la lutteuse Adeline Gray ou encore le basketteur Kyle Lowry. Résistant à l’eau, il propose un suivi du rythme cardiaque et une quantification de l’activité sportive. Plus de 12 millions de dollars ont été levés à l’automne dernier pour développer ce produit. Combiné à une application mobile à laquelle il envoie les données collectées via Bluetooth, il peut être amené à donner des recommandations au sujet de la bonne récupération à adopter, paramètre important dans la préparation du sportif. Ce dernier est notifié des moments opportuns auxquels s’accorder un massage, faire davantage attention à son alimentation et à son hydratation ou encore à son sommeil.

Connor Jaeger aurait suivi les recommandations de WHOOP avant les qualifications pour les Jeux olympiques fin juin, à Ohama (Nebraska). L’application lui avait conseillé d’arriver quatre jours avant le début de la compétition pour s’accorder un temps de récupération optimal, rapporte USA Today. Selon Keenan Robinson, coach des nageurs américains aux JO, Michael Phelps et Allison Schmitt auraient recours à l’application SleepRate pour surveiller la qualité de leur sommeil et faire en sorte qu’il soit réparateur.

Les objets connectés utilisés par les sportifs peuvent s’appuyer sur des techniques plus complexes. L’entreprise Halo Neuroscience a développé des casques chargés de stimuler par électrodes le cerveau des sportifs, pour leur permettre de mettre à profit leurs séances d’entraînement et d’améliorer leurs performances. Portés en phase de préparation, ces casques sont censés favoriser la plasticité neuronale, propice à l’apprentissage. Baptisés Halo Sport, ils sont utilisés par les coureurs américains Michael Tinsley et Mike Rodgers, respectivement médaillé d’argent aux Jeux olympiques de Londres et médaillé d’or aux Relais mondiaux de l’IAAF (ou Challenge mondial des relais), mais aussi par Hafsatu Kamara, coureur de 100m qui participe cette année à ses premiers Jeux olympiques.

À chaque sport, son objet connecté de référence

Plus spécifiques, certains objets connectés se plient aux exigences de chaque discipline. Succès sur Kickstarter -le projet avait récolté plus de 100.000 euros- les lunettes intelligentes Solos permettent aux cyclistes de visualiser en temps réel les données recueillies par leurs différents objets connectés. Surtout utilisées en phase d’entraînement, elles peuvent afficher le rythme cardiaque, la vitesse ou des données récupérables à partir des applications Strava et MapMyRun.

Autre technique pour étudier les déplacements des sportifs, le tracking optique trouve une application privilégiée en rugby. Il nécessite le port de boîtiers à peine visibles, disposés sur le maillot des joueurs, dans le dos. Ces derniers analysent leurs mouvements, la distance parcourue pendant un match et permettent au coach de vérifier que les tactiques prévues sont bel et bien exécutées sur le terrain.

«J’évite de partager mes résultats sur les réseaux sociaux à l’approche d’une compétition»

Sarah Daninthe, escrimeuse française

Les objets connectés permettent d’analyser le corps, mais aussi d’atteindre le geste parfait. Escrimeuse française pratiquant l’épée, Sarah Daninthe a été médaillée de bronze aux Jeux olympiques de 2004, avant d’être sacrée championne du monde en 2005 et 2008. Elle combine applications mobiles et objets connectés pour se perfectionner. «J’utilise quotidiennement RunKeeper pour la course mais aussi pour les sports d’intérieur», déclare-t-elle au Figaro. «Mais pour éviter que ces données ne soient utilisées contre moi par mes adversaires, j’évite de partager mes résultats à l’approche d’une compétition.»

Le problème principal à ses yeux: trouver un outil efficace sans être trop onéreux. L’application Hudl lui permet de réaliser une vidéo de ses mouvements, avant de les décortiquer par millisecondes pour repérer les points à améliorer. «C’est simple d’usage et surtout gratuit, note-t-elle. L’objectif est de parvenir au geste parfait. On peut en déduire la meilleure façon de placer son poignet pour mettre une touche à moins d’un centimètre derrière la coquille de l’adversaire sans qu’elle se rende compte de l’action, ou l’angle auquel se positionner pour être explosive dans sa flèche sans perdre en vitesse à cause de la hauteur des jambes.»

L’application complète la simple technique de l’enregistrement vidéo, accompagné de commentaires de l’entraîneur. «Je pense être la seule Française à utiliser cette technologie, ajoute-t-elle. Pour collecter des statistiques utiles au sujet des scores de match et des touches portées à mes adversaires, qu’il s’agisse de la partie du corps ou de la piste concernée ou du moment de la manche à laquelle elles surviennent, j’utilise FenceStat.» L’application, lancée après les Jeux olympiques de Londres, s’adresse aussi bien aux escrimeurs qu’à leurs entraîneurs ou au public désireux d’appréhender la performance sous un angle statistique.

Accessoires indispensables pour certains, gadgets pour d’autres, les objets connectés restent avant tout un complément à la pratique sportive. Certains athlètes, dont le nageur champion olympique Yannick Agnel, déclarent de leur côté très bien s’en passer et préférer «un ressenti global» à des chiffres précis.

 

http://www.lefigaro.fr/secteur/high-tech/2016/08/13/32001-20160813ARTFIG00034-ces-objets-connectes-utilises-par-les-sportifs-olympiques.php

[Dossier] Sport tracker : le salut de la performance ?

 

Cet été, les regards du monde entier seront tournés vers Rio pour suivre l’événement le plus médiatisé de la planète : les Jeux Olympiques. Un rendez-vous attendu par des centaines d’athlètes qui tenteront une nouvelle fois de marquer l’histoire de leur discipline. Il y a quatre ans déjà, trente-deux records tombaient à Londres. Des performances qui coïncident avec l’utilisation progressive d’outils connectés destinés au sport de haut niveau. Capteurs de performances, de données vitales ou détecteurs de mouvements, les objets connectés ont aujourd’hui une place essentielle au sein des structures sportives professionnelles. Placés dans le maillot, sous le bonnet, la raquette ou en haut des tribunes, les capteurs se déclinent sous de nombreux aspects pour offrir aux athlètes une expertise optimale de leurs données, qui plus que jamais, se placent au cœur de l’enjeu sportif.

Longtemps assimilées au travail des bookmakers, les données sportives sont désormais omniprésentes lors des séances d’entrainement. Football, athlétisme, natation, tennis, rugby, aviron : autant de disciplines qui misent aujourd’hui sur elles pour faire des résultats. Des données récoltées par des capteurs sans fil, généralement placés autours du corps de l’athlète pour calculer et analyser ses aptitudes physiques.

C’est ce que l’on appelle le “sport tracking”, une technologie aujourd’hui utilisée par de nombreuses équipes et fédérations. En France, la société Mac Lloyd Sport dédient le monopole de cet outil et fournit déjà plusieurs équipes professionnelles comme l’Olympique Lyonnais ou le Racing 92.

Ces systèmes “intrusifs” se présentent sous la forme de capteurs wearables GPS intégrés à un équipement ou un objet, communiquant avec un récepteur relié à une plateforme numérique. L’outil transmet plus de 150 indicateurs et 1000 données par seconde en temps direct, consultables par le staff technique et les entraîneurs. Rythme cardiaque, position GPS et données d’accélération peuvent être immédiatement analysées par le préparateur physique pour interpréter la condition physique du sportif et de l’équipe. Objectif visé par ce dispositif : mieux individualiser les performances des joueurs sur le terrain  pour pouvoir ajuster l’intensité et le volume d’entrainement des joueurs lors de leurs séances quotidiennes.

Un outil “encore en phase de test”

Depuis deux ans, la technologie “sport tracking” de Mac Lloyd Sport a d’ailleurs embarqué à bord des bateaux de l’équipe de France d’Aviron. Un nouvel outil au service d’une équipe de France qui prétend au podium dans les compétitions internationales, comme pour le deux de couple poids léger masculin français, champion du monde en titre et entraîné par Alexis Besançon. “On est encore en phase de conception et de test mais dans quatre ans on verra véritablement l’impact de cette technologie sur nos performances” explique-t-il.

Engagé pour les Jeux Olympiques de Rio, l’entraîneur sait combien il est devenu essentiel de scruter chaque donnée pour aller encore plus loin lors des entraînements et viser l’excellence. “On est à la recherche du moindre centième en compétition. La retransmission des données cardiaques, de la vitesse, de l’amplitude et de la cadence de rame se fait en direct, ce qui nous permet d’être plus efficaces lors des séances d’entrainement et de gagner en vitesse“.

A peine adoptée par l’équipe de France d’aviron, Alexis Besançon préfère cependant rester pragmatique et attend de voir son efficacité sur le long terme. “On n’a pas encore assez de recul pour savoir si elle influe réellement sur nos performances. On le saura véritablement dans quatre ans. Mais ce qui est sur c’est qu’elle nous apporte (aux entraineurs, NDLR) plus de confort, et les rameurs sentent qu’ils sont plus efficaces“. Malgré tout pour lui cela ne fait aucun doute, dans quelques années “toutes les équipes d’aviron auront usage de cette technologie“.

Une technologie déjà victorieuse à Rio

Avant de pouvoir prouver son efficience cet été sur les pistes d’athlétisme et bassins de Rio de Janeiro pour les JO, le “sport tracking” avait déjà fait des éclats au Maracana pour la coupe du Monde de football 2014. Richard Attias, fondateur du New-York Forum et des Sommets de Davos, expliquait il y a deux ans sur son blog comment l’Allemagne avait su tirer parti de ces capteurs pour préparer et, à terme, remporter la compétition.

Pendant plusieurs mois avant la Coupe du Monde, la Mannschaft s’est entraînée avec un logiciel analysant les données biométriques et les déplacements des joueurs, ainsi que l’historique des matches joués par ses adversaires.” La technologie était reliée à des caméras permettant d’analyser les déplacements et réactions des joueurs face à leurs adversaires, et savoir si les joueurs respectaient ou non les tactiques énoncées.

Par ailleurs, les données biométriques auraient été déterminantes pour les entraîneurs de la Nationalmannschaft, notamment pendant les séances d’entrainement. “Les performances étaient optimisées, les plages de repos mieux planifiées et les risques de blessures réduits.” Un cocktail technologique qui a fait ses preuves.

Si les performances individuelles peuvent faire l’objet d’expertises et être optimisées, quand est-il de la prévention des blessures, fatigues et autres problèmes physiques dus à la pratique de sport de haut niveau ? Une start-up française pense détenir la solution.

Bodyconnect, le t-shirt qui veut aller encore plus loin

Un t-shirt est appelé a allé encore plus loin dans la démarche de suivi des sportif de haut-niveau : bodyconnect. Initié par une start-up française, cette nouvelle technologie permettrait d’élargir le champ des données collectées et leur interprétation grâce à de nouveaux algorithmes. Benjamin Lanquar, un des deux entrepreneurs à l’origine du projet, nous raconte la naissance de ce t-shirt connecté.

Un jour lors d’un match on s’est posé la question suivant ; comment pourrait-on savoir à quel moment il faudrait arrêter un joueur pour lui éviter tout risque physiologique. L’idée nous est alors venu en jouant à la Playstation : il nous faudrait une barre de power comme dans les jeux.” Une idée simple, mais qui s’avère bien plus complexe à mettre en oeuvre.

Contrairement aux autres technologies qui fournissent pour la plupart uniquement des informations sur le rythme cardiaque, bodyconnect propose un véritable ECG médical (électrocardiogramme), transmettant des données précises sur les performances du cœur, permettant de prévenir quand le sportif a atteint certaines limites. “La technologie iMVS (Monitoring Vital Sign) intégrée à notre T-shirt donne des informations extrêmement précises” insiste Benjamin Lanquar.

Le rythme cardiaque et la pression pulmonaires sont recueillis et combinés pour donner un résultat très précis sur l’énergie restante et/ou consommée par le sportif durant l’effort. Le tout consultable grâce à des graphiques et schémas lisibles par tous sur une application smartphone/tablette/ordinateur/smartwatch. L’ensemble des données individuelles de l’effectif seront consultables en direct et permettront à l’entraîneur de juger le taux de fatigue et rapidité de récupération de chaque joueur, et ainsi d’orienter ses exercices d’entrainement ou son coaching pendant les matchs.

“Prévenir les risques pour les sportifs de haut niveau”

Ce t-shirt “non intrusif” concernera tous les sports, collectifs ou individuels, amateurs ou professionnels et fournira ses données grâce à une data logger de moins d’un centimètre, placé dans le t-shirt en dessous de la nuque. Bodyconnect intégrera également des capteurs de déplacement 3D pour suivre chaque mouvement du sportif, corriger ses gestes ou encore mesurer les impacts au rugby par exemple.

On va pouvoir analyser toute la saison d’un sportif, y compris au moment des blessures, et déceler par exemple des insuffisances cardiaques, pulmonaires, pour mieux prévenir les risques pour les sportifs de haut niveau” souligne l’entrepreneur.

Un sport déshumanisé ?

Un argument de taille à l’époque où sport et business n’ont jamais été aussi liés et où les sportifs de haut niveau représentent un réel investissement pour les clubs, mais aussi pour les sponsors. Il y a quatre ans aux JO de Londres, 86% des athlètes médaillés avaient déjà recours à ces analyses de données.

Mais leur abondance n’irait-t-elle à l’encontre des valeurs du sport qui par essence se veut une science inexacte, attachée à la notion inhérente de facteur humain, de hasard ? En réalité, cette “dataisation” de la performance tend surtout à confirmer que le sport de haut niveau lève de nombreux enjeux financiers, pour les équipes professionnelles et les sportifs eux-mêmes, de plus en plus assimilés à des machines à records, à titres, et autres contrats juteux.

+ Vidéo sur le site (ci-dessous)

https://www.objetconnecte.net/dossier-sport-connecte-performance/

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